Fondu Au Noir

Exposition Fondu Au Noir de Xavier BOYMOND

Travail photographique sur la disparition inexorable de tout un pan de l’industrie : la sidérurgie au travers d’une série d’image réalisées à Fumel dans le Lot et Garonne.

« Fumel, Lot-et-Garonne. Pendant près de deux siècles, la bourgade du Sud-Ouest aura été rythmée par les tempos des machines de la seconde révolution industrielle. Des usines gigantesques pour donner un « La » que des milliers de « bouffes rouille », ces metallos voués à leur instrument comme un capitaine à son bateau, reprenaient en c(h)oeur dans une parfaite harmonie. Une partition millimétrée qui aura son lot de surprise, de couac, de silence… montant crescendo au fil des ans, chaque jour plus fort, comme si Ravel en était l’auteur. Oui, Fumel est un bolero qui se jouera jusqu’à épuisement, résistant et repoussant l’échéance de son ultime note. Retardant au maximum la barre de fin de sa portée musicale. Classique. Aujourd’hui, en ce début de 21e siècle, la composition est entrée depuis quelques années dans sa phase « Calando »* et doit faire face à un changement d’air/ère avec l’arrivée d’une musique synthétique, moderne, consommable et jetable, assistée par ordinateur, froide et sans âme. L’ensemble s’amenuise, les virtuoses se raréfient, et les instruments, ces monstres antiques voient leurs peaux rouiller sans les mains des hommes de somme. Le photographe Xavier Boymond a souhaité porter un regard sur cette industrie vouée à disparaître dans un futur proche. Spectateur direct de ce déclin dans son enfance, il a grandi au cœur du bassin sidérurgique de Longwy jusqu’au démantèlement de ce dernier. Son travail autour du thème « Des usines et des Hommes » est un témoignage à la fois industriel, social et humain qui dépeint avec intensité la mise à la trappe de tout un pan du monde ouvrier. « 

Pourquoi « Fondu Au Noir » : il s’agit d’un terme cinématographique, Au cinéma, un fondu est une transition, une marque de ponctuation, entre deux plans, deux images, qui prend la forme d’un écran devenant progressivement totalement noir : cette transition est d’une durée variable. Fondu reprend aussi le terme de fonderie, noir car dans cet environnement tout est si sombre, la poussière, les « gueules noires » des ouvriers y travaillant et bien sûr leur avenir.

Cette usine comptait + de 3000 salariés il y a encore 30 ans, aujourd’hui ils ne sont plus que 42. 

Je me suis attaché à restituer des ambiances d’atelier encore en activité, avec son personnel. Images d’un autre temps tant les conditions sont restées les mêmes qu’au début du siècle dernier.

J’ai réalisé ensuite des images dans les ateliers en cours d’abandon, puis ceux qui sont démantelés, tous dans la même usine.

Je suis alors suis allé à la rencontre des licenciés, qui se retrouvent tous les jours dans un local adjacent à l’usine. Prises de vues d’ambiance mais aussi portraits et interviews sonores.

Une création sonore et musicale accompagne cette exposition, réalisée à partir des interviews et des captations de sons dans l’usine.

Travail réalisé avec Rodolphe Testut et Stéphane Henriques

Elle se compose de 17 tirages Fine Art N&B format 56x56 cm et de 10 tirages Fine Art N&B format 84x56 cm le tout monté sur Dibond, avec système d’accroche.

Ce travail n’est que le début d’une longue aventure. En effet je vais continuer à être le témoin de la situation de l’activité industrielle de notre pays. Si votre entreprise connaît des difficultés, et que vous aimeriez que je témoigne de cela, n’hésitez pas à me contacter.

Enfin cette exposition est disponible, si voulez qu’elle soit accrochée dans le cadre de votre évènement ou dans vos murs, contactez moi

Cliquez sur les images pour les agrandir et les visualiser une par une

Lieux d’exposition :

  • Septembre 2016 au Festival de la photographie Industrielle d’Oyonnax

 

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